Tiens… ne serait-ce pas un colibri ? Là, devant les fleurs, il fait du surplace, virevolte d’une corolle à l’autre et disparaît presque aussi vite qu’il est arrivé. Non, ce petit acrobate n’est pas un oiseau : c’est le Moro-sphinx, un papillon de nuit qui a choisi de vivre… le jour !
Avec sa silhouette trapue et velue, ses ailes étroites et sa longue trompe – son proboscis –, il n’a certes pas de bec. Mais comme le colibri, il est capable de rester parfaitement immobile dans les airs pour atteindre le nectar des fleurs.
Pour tenir ainsi en vol stationnaire, il lui faut une énergie considérable : ses ailes peuvent battre jusqu’à 75 fois par seconde !
Mais le plus impressionnant est peut-être encore son extraordinaire talent de voyageur. Chaque été, pour échapper aux fortes chaleurs du bassin méditerranéen, le Moro-sphinx remonte progressivement vers le nord, au gré de la hausse des températures. Il peut ainsi parcourir jusqu’à 3 000 kilomètres, de l’Afrique du Nord à la Scandinavie, à une vitesse de vol pouvant dépasser 50 km/h ! Puis, dès le mois d’août, il reprend le chemin du sud. Une performance vertigineuse pour un animal qui ne mesure guère plus de 4 centimètres.
Avec le changement climatique, ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à passer l’hiver en Suisse. Alors, si un jour un minuscule « colibri » vient butiner vos fleurs sans jamais s’y poser, prenez le temps de l’observer. Vous avez peut-être devant vous l’un des plus étonnants visiteurs de nos jardins : le petit colibri suisse !








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